mercredi, 06 janvier 2010
Grippe A : après la volte face du gouvernement, une enquête s'impose !
Face à l'avalanche de critiques et de questions suscitées par sa gestion de la grippe A, Roselyne Bachelot et le gouvernement reculent.
En annonçant le non achat de 50 millions de doses non produites et le recours possible aux généralistes, R. Bachelot désavoue sa propre politique.
La France est le seul pays au monde à s'être fixé comme objectif de vacciner 100% de sa population et pour cela avait commandé plus de 90 millions de doses (anticipant la double injection).
Aujourd'hui, moins de 10% de la population est effectivement vacciné pour un cout total de plus de 1,5 milliards d'euros.
Dans les autres pays, en Europe par exemple, les objectifs de vaccination étaient de 30% de la population au regard de l'organisation que cela nécessite et de l'efficacité face à la pandémie.
Notre pays se trouve dans la position d'une commande beaucoup trop importante, malgré les avertissements et les doutes de grands responsables de la médecine. Le gouvernement, dans sa volonté d'ouvrir le plus largement le parapluie de la précaution, est-il la victime consentante des laboratoires pharmaceutiques ?
Au bout du compte, nous avons assisté à une campagne pour la vaccination, très anxiogène avec peu de résultats.
Les choses ne peuvent donc en rester là et de nombreuses interrogations subsistent, notamment sur les aspects financiers. La France devra-t-elle s'acquitter de pénalités ou de compensations du fait de cette annulation de commande ?
En outre, il apparaît que la gestion du stock de médicaments anti-viraux (Tamiflu, Relenza) ou de masques de protection est également critiquable : quantités démesurées achetées, médicaments périmés...
Alors que le gouvernement exige des efforts accrus des Français pour leur santé (multiplication des déremboursements et franchises), il est indécent qu'il ait pris si peu de précautions dans la gestion des stocks et les négociations avec les laboratoires pharmaceutiques.
De manière plus fondamentale, c'est la gestion d'une crise sanitaire qui se révèle contre-productive, aboutissant au renforcement des doutes des Français en matière d'utilité de la vaccination. Le taux de vaccination est très faible : l'échec est patent pour la santé publique.
Le Parti socialiste et son groupe parlementaire réitère leur demande d'une commission d'enquête parlementaire, demandes systématiquement rejetées depuis juillet, pour tirer des leçons pour l'avenir.
11:25 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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